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Publié le 28 novembre 2014, par dans Réflexions.

Si je vous dis que j’ai une relation amoureuse avec les mots, vous me croyez ?

C’est marrant que je n’ai jamais fait d’articles à ce sujet sur ce blog d’ailleurs. Je suis une femme de lettres et pas de paroles (cette formulation est bizarre quand je la relis). Je regrette presque qu’on ne communique plus par courrier. J’ai toujours aimé écrire des lettres et surtout des longues.

Cette relation étrange avec l’écriture, je l’ai depuis… toujours en fait. Je crois d’ailleurs que j’éprouverai toujours cette facilité à écrire ce que je pense plutôt qu’à les dire. Surement parce que j’aime avoir le temps de trouver les bons mots pour décrire ce que je pense, ce que je ressens, ce que je perçois. Surement aussi parce que je trouve qu’une parole est trop souvent mal comprise, mal exprimée et déformée, parce qu’on parle sur l’instant, parce qu’on n’utilise pas les bons mots et parce que ces mots ne retranscrivent pas profondément ce qu’ils sont supposés dire.

Le passage en mot de ce qui se passe dans ma tête est tout un process. Pour moi, c’est comme ça que ça devient réel. Parce que j’ai besoin de digérer les choses, j’ai besoin de les repasser dans ma tête, j’ai besoin de les décortiquer pour les comprendre. Ecrire ces choses, écrire ce qui m’arrive, me permet de m’en libérer. Parce qu’ainsi, les choses sortent de ma tête, et je n’en suis plus nécessairement maître. Elles sont ainsi extériorisées et j’arrête de les intérioriser. J’arrête de les décortiquer, j’arrête de revenir dessus. Ou tout du moins, ça m’aide à essayer d’arrêter (ahah).

Les mots ont leur importance. Les mots ont un sens. Les mots sont indispensables. Mes écrits en deviennent imbuvables, ampoulés, absurdes, dégueulasses, tout ce que vous voulez. Mais j’en ai besoin. C’est d’ailleurs sûrement la seule et unique raison qui fait que ce blog soit toujours ouvert. Parce qu’en plus de les écrire, j’ai besoin de les partager. Par contre, je n’ai pas forcément besoin de savoir que vous les avez lus. C’est tacite. N’en parlons plus. Je ne reviendrai plus dessus ou en tout cas, surtout pas en parole. C’est pas que j’assume pas, c’est que je n’aime pas parler de mes écrits (je trouve ça pompeux d’appeler ça des écrits d’ailleurs) parce que souvent, dans ces écrits, je me mets presque à nue et vous en conviendrez que c’est pas évident de parler de chose quand on est presque nu :D (ma pudeur me perdra).

Bref. Les mots, l’amour. C’est ça. Cette relation que j’ai avec ça est viscérale. Impossible pour moi de m’en passer. Quand je le fais, finalement, je tourne pas rond. Et quand je reviens ici, je me rends compte que je pourrais avoir beaucoup de choses à écrire. J’ouvre une page, j’écris, je relis, je corrige, je relis et j’enregistre en brouillon. Parce que tout ne peut pas être lu non plus. Parce que tout ne demande pas un lectorat. Parfois, je fais des erreurs (surtout passé 3h du mat’) alors je corrige le lendemain, en dépubliant le contenu. Mais mes brouillons sont un océan de mes états d’âme. Mes brouillons sont aussi des catastrophes ambulantes (et qu’il vaut mieux ne pas vous montrer sinon vous allez vous dire que je suis définitivement pas nette).

Enfin, les mots me rendront dingues. Parce que chacun a son utilisation particulière de ces derniers. Chacun a son interprétation. Chacun les utilise comme bon lui semble. Les mots me touchent, les mots me blessent et les mots sont durs. Parfois, je les déteste, parce qu’ils prennent un sens beaucoup trop puissant pour moi, parce que je ne peux pas maîtriser les mots des autres, parce que parfois les autres font l’erreur dans le choix de certains mots et parce qu’aussi, les autres ne se rendent pas toujours compte de l’impact de ces mots qu’ils disent avec tellement de légèreté. Et c’est en ça que je trouve dommage que la majorité des personnes soient des personnes de paroles et plus de lettres. Parce qu’on ne réfléchit plus assez à ce qu’on veut dire. Parce qu’on appauvrit notre vocabulaire. Et parce qu’on arrive à des non-sens, des incompréhensions.

Mes mots sont sacrés. Mes mots me ressemblent. Et j’y mets toute mon âme (enfin, pas quand j’écris sur facebook, je vous rassure, et quand je dis qu’ils sont sacrés, je le dis _pour moi_ parce qu’ils sont moi).

PS : EGOTRIP BONJOUR.

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